Lors de la confĂ©rence THINK 2024, organisĂ©e par ĂŰĚŇtv Benefits Ltd., Lianne Clarke, directrice et vice-prĂ©sidente de l’innovation et de la croissance en matière de bien-ĂŞtre et d’invaliditĂ©, a fait une prĂ©sentation Ă©clairante sur la gestion saine du poids en milieu de travail. Forte de près de trois dĂ©cennies d’expĂ©rience dans le domaine du bien-ĂŞtre des employĂ©s et de la gestion de l’invaliditĂ©, Lianne a offert des conseils pratiques sur la manière dont les organisations peuvent intĂ©grer des stratĂ©gies axĂ©es sur la santĂ© dans leur culture et avoir un impact significatif sur le bien-ĂŞtre des employĂ©s.

Un changement culturel dans le bien-ĂŞtre au travail

Lianne a commencé par réfléchir aux différents niveaux d’engagement dont font preuve les employeurs en matière de bien-être. Alors que certaines organisations « cochent les cases » en organisant des salons du bien-être ou des webinaires, d’autres intègrent le bien-être dans leur ADN. Ces entreprises impliquent la haute direction, allouent des ressources et envisagent tous les changements organisationnels sous l’angle de la santé des employés.

La pandémie a suscité une prise de conscience accrue de la santé mentale, à laquelle de nombreuses organisations ont fait appel en élaborant des stratégies spécifiques. Cependant, Lianne a encouragé les organisations à élargir cette approche pour inclure un autre problème de santé urgent : l’obésité.

L’obésité : un facteur négligé des coûts sur le lieu de travail

Lianne a souligné que l’obésité est une maladie chronique et complexe, et non pas simplement le résultat de choix de vie. L’obésité a des répercussions considérables sur la santé des employés et les coûts sur le lieu de travail, ce qui en fait un problème crucial que les employeurs doivent résoudre.

L’obésité résulte d’une combinaison de facteurs :

  • GĂ©nĂ©tique : Jusqu’à 70 % du risque d’obĂ©sitĂ© est gĂ©nĂ©tique, affectant des hormones comme la leptine (qui signale la satiĂ©tĂ©) et la ghrĂ©line (qui stimule la faim).
  • DĂ©sĂ©quilibres hormonaux : La rĂ©sistance Ă  la leptine, la rĂ©sistance Ă  l’insuline et d’autres problèmes hormonaux jouent un rĂ´le important.
  • Facteurs socio-Ă©conomiques : L’accès limitĂ© Ă  des aliments nutritifs et abordables entraĂ®ne souvent des habitudes alimentaires malsaines.
  • Facteurs liĂ©s au mode de vie : Le stress, le manque de sommeil, le manque d’exercice et la consommation d’aliments transformĂ©s aggravent les risques.

Lianne a notamment démystifié l’idée fausse selon laquelle l’obésité est simplement une question de suralimentation. En réalité, elle est souvent causée par des facteurs hormonaux et génétiques.

L’obésité est l’un des principaux facteurs de maladies chroniques comme les maladies cardiaques, le diabète de type 2 et les problèmes de santé mentale. Ces maladies sont les principales causes de l’absentéisme, du présentéisme et de l’augmentation des coûts des soins de santé. Pour les employeurs, le coût financier est considérable. Les pertes de productivité liées à l’obésité au Canada s’élèvent à environ 11,8 milliards de dollars par an.

Élaborer une stratégie globale de lutte contre l’obésité

Lianne a encouragé les employeurs à adopter une approche multidimensionnelle pour lutter contre l’obésité, en comparant cette démarche aux campagnes de santé publique contre le tabagisme. Tout comme une approche collaborative impliquant les politiques publiques, la publicité et le soutien des employeurs a contribué à réduire les taux de tabagisme, un effort similaire pourrait « inverser la courbe » de l’obésité.

Comment les employeurs peuvent agir

Les employeurs peuvent favoriser un lieu de travail plus sain, améliorer le bien-être des employés et lutter contre l’obésité grâce à une approche globale et compatissante :

  • Promouvoir la sensibilisation et rĂ©duire la stigmatisation. La lutte contre l’obĂ©sitĂ© sur le lieu de travail nĂ©cessite une approche rĂ©flĂ©chie et proactive. Les employeurs peuvent commencer par sensibiliser les gens et rĂ©duire la stigmatisation. La stigmatisation qui l’entoure constitue un obstacle important Ă  la lutte contre l’obĂ©sitĂ©, car de nombreux employĂ©s peuvent se sentir honteux ou gĂŞnĂ©s de demander une aide mĂ©dicale. Pour lutter contre ce problème, les employeurs peuvent diffuser du matĂ©riel pĂ©dagogique qui met l’accent sur l’obĂ©sitĂ© en tant que maladie chronique. L’organisation d’ateliers ou l’intĂ©gration de ressources dans des initiatives de bien-ĂŞtre peuvent Ă©galement contribuer Ă  Ă©liminer les prĂ©jugĂ©s et Ă  crĂ©er un environnement favorable aux employĂ©s.
  • Offrir des avantages complets. Une autre Ă©tape clĂ© consiste Ă  offrir des avantages sociaux complets qui reflètent la complexitĂ© de l’obĂ©sitĂ©. Les employeurs doivent s’assurer que les rĂ©gimes d’avantages sociaux couvrent les mĂ©dicaments efficaces pour perdre du poids, comme Wegovy et Ozempic, qui se sont rĂ©vĂ©lĂ©s prometteurs pour rĂ©duire les risques cardiovasculaires et amĂ©liorer la santĂ© globale. Il est tout aussi important d’Ă©liminer les exclusions dĂ©suètes qui classent les traitements de perte de poids comme de simples mĂ©dicaments « liĂ©s au mode de vie », reconnaissant plutĂ´t les risques graves pour la santĂ© associĂ©s Ă  l’obĂ©sitĂ©.
  • Soutenez les programmes de bien-ĂŞtre holistiques. Les programmes de bien-ĂŞtre holistiques sont Ă©galement essentiels pour soutenir le bien-ĂŞtre gĂ©nĂ©ral des employĂ©s. Ces programmes doivent aborder la santĂ© physique, mentale et Ă©motionnelle. Par exemple, les employeurs peuvent proposer un coaching nutritionnel en donnant accès Ă  des diĂ©tĂ©ticiens et des nutritionnistes, ainsi que des programmes d’exercices tels que des subventions pour les salles de sport, des espaces de remise en forme sur place ou des applications comme Virgin Pulse pour encourager l’activitĂ© physique. En outre, l’intĂ©gration de programmes d’hygiène du sommeil, en particulier pour les travailleurs postĂ©s, peut jouer un rĂ´le important dans l’amĂ©lioration de la santĂ© et de la productivitĂ© globales.
  • Mettre l’accent sur la prĂ©vention. Enfin, la prĂ©vention doit ĂŞtre au cĹ“ur de toute initiative de bien-ĂŞtre au travail. MĂŞme une perte de poids modeste de 5 Ă  10 % peut entraĂ®ner des amĂ©liorations significatives de la santĂ©, comme la rĂ©duction du risque de diabète de type 2 et de maladies cardiovasculaires. Les employeurs peuvent faciliter les interventions prĂ©coces en proposant des dĂ©pistages biomĂ©triques et en donnant accès Ă  des coachs de santĂ© qui peuvent guider les employĂ©s dans la mise en place de changements durables dans leur mode de vie.

La voie Ă  suivre

La prĂ©valence de l’obĂ©sitĂ© Ă  l’Ă©chelle mondiale continue d’augmenter. D’ici 2035, la FĂ©dĂ©ration mondiale de l’obĂ©sitĂ© estime que plus de la moitiĂ© de la population mondiale sera en surpoids ou obèse. Au Canada, les taux sont passĂ©s de 5,6% en 1985 Ă  30% en 2022. Cette dure rĂ©alitĂ© souligne l’urgence d’agir.

La bonne nouvelle ? La tendance est en train de changer. Tout comme le système médical a accepté l’obésité comme une maladie chronique, de nouveaux traitements comme Wegovy et des médicaments émergents offrent de l’espoir. Des études montrent que Wegovy peut réduire les risques cardiovasculaires de20%et pourrait même avoir des effets bénéfiques potentiels sur des maladies comme la maladie d’Alzheimer.

Les employeurs en tant qu’agents du changement

Les organisations ont une occasion unique – et une responsabilité – de soutenir le parcours de santé de leurs employés. Lianne a conclu en présentant des points pratiques :

  • Favoriser l’inclusion : Assurez-vous que des amĂ©nagements tels que des sièges appropriĂ©s, un accès au stationnement et des bureaux amĂ©nagĂ©s sont disponibles.
  • Encourager les comportements de santĂ© : Offrez des rĂ©compenses pour les habitudes saines, allant d’une alimentation nutritive Ă  des mouvements rĂ©guliers.
  • Fournir des outils et une formation : Assurer un accès facile aux ressources, telles que les boĂ®tes Ă  outils sur l’obĂ©sitĂ©, les rĂ©cits inspirants et les campagnes de sensibilisation Ă  la santĂ©.

Une nouvelle frontière

Lors de la conférence THINK 2024, le message était clair : la lutte contre l’obésité est la prochaine étape du bien-être au travail, et il est temps d’agir. Citant Michelle Obama, Lianne a rappelé aux participants : « L’obésité n’est pas un choix, c’est le résultat d’un manque d’options. » Les employeurs ont le pouvoir d’offrir ces options, transformant les lieux de travail en environnements plus sains qui responsabilisent les employés et réduisent les coûts. Comme l’a si bien dit Lianne : « Si vous n’investissez pas dans le bien-être, vous dépenserez pour la maladie. » Les organisations qui adoptent une approche proactive et compatissante en matière de santé amélioreront non seulement la vie des gens, mais renforceront également leurs résultats financiers.

(en anglais seulement)

(en anglais seulement)